III - COMMUNICATION, COLLABORATIVE ET RELATIONELLE Ces oeuvres font appel à la contribution/collaboration du public connecté et créent des liens relationnels entre elles et le public et entre les différents participants. Par nature, ce sont des oeuvres en constants changements. Une partie d'entre elles sont des événements ou des actions éphémères. Les oeuvres de communication, collaboratives et relationnelles sont innombrables. Nous en avons sélectionnées quelques unes qui nous semblaient être représentatives des différentes formes qu'elles peuvent prendre. 1 - Internes au réseau Chain Reaction (1995) de Bonnie Mitchell, créée à l'occasion du SIGGRAPH 95, est une sorte de cadavre exquis visuel. Chacun est invité à choisir une image parmi des images "parents" proposées, à la modifier et à la renvoyer sur le serveur où elle prend place dans sa généalogie. Chain Reaction a été une des premières oeuvres de collaboration mettant en jeu non du texte mais uniquement des images. Elle n'est apparemment plus accessible. La plupart de ces oeuvres se déroulent sur un temps assez long, parfois sur plusieurs années. Certaines ont une "fin" prévue (telle 365 jours), d'autres peuvent continuer sans limitation à partir du moment où quelqu'un (le créateur ou une autre personne) en assure le suivi et la maintenance. C'est ce qui les distingue des oeuvres collaboratives ou de communication antérieures qui n'utilisaient pas Internet. Elles relevaient de l'action ponctuelle "pour des raisons techniques évidentes (absence de support de stockage). 2 - Dans l'inter-espace du cyberespace et de l'espace physique Ces oeuvres proposent une activité mêlée, en ligne et dans l'espace physique où, selon l'endroit où il se trouve, le public ne percevra pas et ne recevra pas la même chose. Dialog With The Knowbotic South -
DWTKS Dans un autre registre, qui n'est plus celui de l'installation mais de la performance ou de l'action, les expériences se multiplient. Elles reposent principalement sur le système de transmission de l'image en direct (le CU Seeme) et un logiciel de transmission du son (Real Audio). Dans ce cas, les participants sont "présents" au même moment (ou dans des successions de temps tenant compte des décalages horaires) sur le réseau, soit individuellement chez eux, soit collectivement dans les lieux où se déroulent les performances. L'élément important ici est le "direct" et la communauté temporaire ainsi établie entre les participants. L'oeuvre est souvent construite en trois étapes plus ou moins développées selon les cas : élaboration d'un site web où petit à petit les artistes et/ou les participants ajoutent de l'information ; événement proprement dit (les participants, hormis les créateurs, ne sont pas nécessairement les mêmes) ; la trace documentaire après l'événement qui vient compléter le site web. D'une manière générale, ces oeuvres s'inscrivent dans la continuité conceptuelle de l'art de la communication et de l'art "en réseau", notamment des réalisations de Kit Galloway et Sherrie Rabinowitz de l'Electronic Cafe, comme Hole in Space en 1977, reposant alors sur des liaisons satellites de téléconférence ou de visioconférence. |
Suite : Cyberperception
Références Pour une typologie de la création sur Internet Annick Bureaud - Janvier 1998 |